Lupotie, premier drive zéro déchet du Rhône

Mélanie et Jonathan ont ouvert leur drive zéro déchet à Décines en septembre. Ils proposent des produits bio et locaux, conditionnés dans des emballages consignés.

C’est le premier du Rhône, mais d’autres vont suivre. Mélanie et Jonathan, autrefois ingénieure agronome et graphiste web designer, ont ouvert leur drive zéro déchet dans le parc d’activités Wilson de Décines, Lupotie. Comme pour un drive classique, les clients viennent retirer leur commande passée sur le site internet, après avoir sélectionné leur créneau. Mais tous les produits leur sont fournis dans des contenants – bocaux et bouteilles en verre, flacons plastiques, boîtes d’œufs – réutilisables.

« C’est différent d’un vrac, où le client doit venir avec son propre contenant et se sert en fonction de la quantité dont il a besoin. Ici, les produits sont déjà conditionnés dans différents formats. C’est donc plus simple pour lui. A chaque visite, le client peut nous laisser ses contenants, que nous allons laver, stériliser et réutiliser ou fournir à nos producteurs partenaires. Pour chaque contenant ramené, il reçoit 10 centimes à valoir sur sa prochaine commande », explique Mélanie.

Mélanie et Jonathan, fondateurs de Lupotie à Décines. / Photo F. H.

Un espace de 118 m2 et 3 autres points de retrait

C’est en 2018 que le couple a découvert le Drive Tout Nu dans un reportage de Brut et a été conquis. Mélanie raconte le cheminement. « J’avais envie depuis quelque temps de changer de vie, de créer une entreprise et quitter le salariat. Au départ, on pensait à une épicerie, car il n’y en a pas dans notre quartier de Lyon 8e. Mais après ce reportage, on s’est décidé. » Grâce à un prêt de la Région et une campagne de crowdfunding qui a permis de récolter 5300 euros, ils ont pu créer leur structure, épaulés par la CCI. « Nous avons chois ces locaux pour leur bonne situation, facile d’accès, avec un parking. Et nous avons de bonnes relations avec notre propriétaire. »

Vidéo de présentation projet pour la compagne de crowdfunding

Le couple dispose d’un espace de 118m2, plus 30 m2 de bureaux ainsi que 60 m2 de sous-sol en attente d’aménagement. Trois autres points de retrait sont possibles : dans leur quartier de Lyon 8e, à l’espace de co-working Chlorofeel de Meyzieu, et la brasserie Nomade de Genas.

La commande est préparée et n’attends plus que le client. / Photo F.H

450 références en alimentation, hygiène, entretien et accessoires

Les produits proposés sont locaux, bio ou assimilés. Alimentation, entretien, hygiène, accessoires : 450 références sont disponibles. Ce matin-là, ils recevaient ainsi une commande de bougies naturelles, idéales en cette période, qu’ils vont rentrer dans leur catalogue. « Nous avons trouvé nos fournisseurs par différents biais : recherche, connaissances, salons, campagnes de crowdfunding… Parfois, eux-mêmes nous ont contactés et proposé de tester leur produit. En tout cas, ils sont tous dans une démarche éco-responsable, éthique, avec une histoire et des valeurs qui nous correspondent. »

Afin de ne pas gaspiller, les fruits et légumes qui ont perdu leur fraîcheur sont vendus à part ou incorporés dans des soupes et autres compotes. Le duo n’est d’ailleurs pas à court de conseils pour ses clients. Vous vous demandez quoi faire des fanes de radis? « Vous pouvez en faire un pesto, avec de l’ail, de l’huile d’olive et du fromage éventuellement », explique ainsi Mélanie à une cliente ce matin-là. Ils ont développé une relation complice avec les plus fidèles, dont certains sont devenus des amis. « L’une d’elles nous a amené des compotes qu’elle avait faites avec des fruits achetés ici. »

Au rayon hygiène, les produits sont conditionnés dans de grands bidons. / Photo F. H.

Les retours des clients sont plutôt positifs. « Ils apprécient le service, la qualité des produits et le nombre de références. Nous sommes globalement plus cher qu’un hyper-marché. Mais on essaye de proposer différentes gammes de prix pour que les produits soient accessibles. » Les entrepreneurs ne manquent pas d’idée pour développer leur activité. « Nous aimerions ouvrir le local en mode épicerie une fois par mois pour que ceux qui sont réfractaires au numérique puissent venir aussi, voir et toucher les produits, détaille Jonathan. A terme, on aimerait aussi récupérer les bocaux en verre au-delà de notre clientèle, proposer un point de compostage, … Mais on manque de temps et de bras. Nous avons le renfort de Michaël, qui en apprentissage pendant un an, sur la partie web. Deux autres personnes en plus, ce serait parfait. »

Tout le matériel issu de la récupération

Mélanie et Jonathan ont poussé la logique zéro déchet en ne s’équipant qu’avec des matériaux de récupération. « Les étagères, les cagettes, les palettes mais aussi notre mobilier de bureau sont récupérés. La machine à laver, pour les bocaux, est d’occasion. Il n’y a que les frigos qui sont neufs. »

En voiture, mais aussi à pied ou à vélo, les clients viennent récupérer leur commande et échanger avec Mélanie et Jonathan. / Photo F. H

Heureux de partager leur expérience, Mélanie et Jonathan sont en lien avec les créateurs de Bocal & Cie, drive vrac qui devrait ouvrir prochainement à Genay et termine sa campagne de crowdfunding. « D’autres projets se préparent dans la région. » Un modèle qui a de l’avenir donc.

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