Tissu solidaire, noueur de liens pour les migrants

Association œuvrant pour l’insertion des personnes exilées à Lyon, Tissu solidaire a décidé de repenser ses programmes à destination des migrants et de ses bénévoles.

Créée en 2016 par Flora Vidal Marron et deux anciennes camarades de l’IAE, Tissu solidaire s’est donnée pour mission de créer du lien entre migrants et locaux, via des ateliers de couture/maroquinerie deux fois par semaine et un atelier culturel par mois. 300 de ces ateliers ont ainsi été organisés, au profit de 2500 personnes à ce jour.

Durant ces ateliers couture, les participants confectionnent coussins, sacs à dos et pochettes / Photo Tissu solidaire

Flora a eu l’idée d’utiliser la couture après une visite dans un centre lyonnais de demandeurs d’asile, à son retour de 18 mois à l’étranger. « Il s’agit du savoir-faire le plus répandu. Et notamment parmi les hommes, qui sont 70% des participants aux ateliers. C’est interculturel et intergénérationnel. Du coup, cela place les migrants dans une relation différente avec les locaux, où ils ont des choses à transmettre. Donc on arrive à créer une réelle communauté, avec des personnes qui se rencontrent et s’apportent mutuellement. » Durant ces ateliers, les participants confectionnent coussins, sacs à dos et pochettes à partir de tissue de récupération ou de dons essentiellement.

Des programmes pour les migrants et les aspirants bénévoles

Pour aller plus loin, Tissu solidaire a décidé de repenser ces programmes de formation historiques. Le premier est un parcours de remobilisation professionnelle pour faciliter l’insertion par l’emploi des migrants, demandeurs d’asile, réfugiés et sans-papiers. Intitulé Appren[tisseurs], il accompagne le bénéficiaire pendant 3 mois, avec 240 heures de formation. Français langue étrangère, couture, numérique, mobilité, vivre ensemble, employabilité et accompagnement individualisé à l’emploi sont au programme. La dernière réunion d’information se tiendra le 11 mars, avant le lancement à la fin du mois.

La couture est le savoir-faire parmi les migrants, notamment chez les hommes/ Photo Tissu solidaire

En parallèle, les personnes désirant s’engager peuvent rejoindre le programme Bâ[tisseurs]. Il s’agit d’aider et outiller de futurs bénévoles pendant 3 mois, à raison de 24 heures de formation. « Le but est d’utiliser la couture comme outil de médiation sociale et proposer des contenus qui favorisent l’employabilité et la montée en compétences des personnes exilées. Le programme prévoit une sensibilisation à l’économie sociale et solidaire et son éco-système à Lyon, l’interculturalité ou encore la cause des exilés. Chaque participant sera référent d’un apprentiseur. » Le programme démarre le 29 mars. A la clé, apprentisseurs et bâtisseurs sont invités à participer à un festival le 21 juin, pour transmettre les savoir-faire.

Une formation en cuisine pour les femmes

Basée à Villeurbanne, l’association emploie 7 salariés depuis 2019. Elle se finance par des subventions et la vente des produits des ateliers. La structure essaime à Annecy et ambitionne de faire de même à Valence. Le 8 mars, elle lancera son programme Des étoiles et des femmes, formation d’excellence destinée aux femmes des quartiers prioritaires, via un CAP en alternance avec des grands chefs. Une réunion d’information se tiendra à la cité de la gastronomie.

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