Pese, vecteur de solidarité à la Croix-Rousse

Cette jeune association instille depuis octobre un élan de solidarité dans le quartier de la Croix-Rousse où elle organise une distribution de vivres et produits d’hygiène deux fois par semaine.

Deux fois par semaine, le local attenant et appartenant à la librairie libertaire La Plume Noire dans le 1er arrondissement de Lyon accueille une collecte et une distribution pour les plus démunis. L’association Pese (Pour l’égalité sociale et l’écologie), créée cet automne, a en effet pris ses quartiers au cœur des pentes de la Croix-Rousse. « Nous avons constaté l’urgence et l’appauvrissement de la population avec la crise sociale et économique qui a suivi la crise sanitaire, relate Charlotte Matabon, membre de l’association. Il y a une plus grande précarité, de nouveaux publics qui ont recours à l’aide alimentaire. Il fallait donc organiser une aide directe et rapide, mais aussi pérenne. »

L’association distribue des tracts pour communiquer sur sa collecte/distribution / Photo F. H

Un soutien aux personnes migrantes

L’équipe organise donc une collecte/distribution les mercredis et samedis après-midis . « Il s’agit de produits alimentaires et d’hygiène. Nous travaillons avec l’association DLC (Détournement libre de consommables) qui récupère des invendus des supermarchés. » Ce jour-là, il y a aussi des restes de la collecte de vêtements au moment de Noël. Au-delà de la distribution, certaines personnes viennent juste discuter et boire un café. « Nous participons à sortir certaines populations de leur isolement, comme les personnes âgées. Nous créons du lien, en plus du soutien alimentaire, et une dynamique de solidarité dans le quartier. »

Petit à petit, l’association a élargi ses objectifs à la défense écologique et l’insertion des personnes migrantes. Des cours de langues et de soutien scolaire sont donc proposés, notamment aux mineurs isolés. « Les mineurs sont scolarisés pour la plupart mais sont en décrochage du fait de la barrière de la langue. Et leurs différentes problématiques, notamment le logement, les empêchent de suivre correctement leur scolarité. Aujourd’hui, avec la crise, ils sont encore plus isolés qu’avant. »

Nourriture, produits d’hygiène et vêtements étaient disponibles samedi après-midi /Photo F. H

D’autres actions à venir

Yohan est l’un des animateurs des cours de français. Mais son rôle va bien au-delà. « On aborde toutes les questions les concernent car on est parfois leur seul contact donc ils s’adressent à nous pour tout : leurs démarches administratives, leur recherche de logement, d’emploi… J’essaye aussi de les sensibiliser aux codes occidentaux dont ils n’ont pas l’habitude et les mets en garde sur leurs relations avec la police. Ils ont une vision de la France, grande nation, pays des droits de l’homme, et ne s’attendent pas à rencontrer du rejet ou des préjugés. »

Les bénévoles, majoritairement des étudiants et des jeunes actifs, s’organisent sans hiérarchie. Ils espèrent proposer d’autres actions, comme une cantine solidaire, des activités sportives et culturelles.

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